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    03- PIMPRENELLE

    FICHE TECHNIQUE

    Réalisation : Yamina Benguigui

    d’après un sujet original de Sauveur Carlus

    adaptation de Sauveur Carlus et Yamina Benguigui

    Acteurs principaux : Soria Mouffakir, Cécile Arrieu, Myriam Assouline

    Image : Tariel Méliava

    Son : Pierre André

    Montage : Nadia Benrachid

    Format : 35 mm - couleur - 1.85 - dolby SR

    Durée : 5 mn 50

      Résumé

    Soria doit animer un anniversaire d’enfants, déguisée en fée Pimprenelle. Elle est froidement reçue par la maîtresse de maison pour qui une fée ne peut être que blonde. Et pour les enfants ?

    POINTS DE VUE

    Point de vue de Yamina Benguigui

    Pourquoi Pimprenelle ?

    Ce qui m’a vraiment touchée dans la lecture du scénario “La fée Pimprenelle”, c’est la dénonciation subtile, originale, en filigrane du racisme, qui survient justement là où on l’attend pas.

    A l’occasion d’un goûter d’anniversaire qui réunit des enfants d’un milieu aisé, la maîtresse de maison attend l’arrivée de l’animatrice, qui tiendra le rôle de la “Fée Pimprenelle”. Arrive Soria, jeune marocaine, quelle n’est pas la stupeur de la mère en voyant arriver une fée pas du tout conforme aux héroïnes de contes pour enfants selon Andersen, Perrault, Grimm…

    C’est cette forme insidieuse du racisme liée au conditionnement de l’éducation et du goût que j’ai souhaité mettre en image.

    Point de vue de d.f.c.r. : Blonde est la fée

    Pourquoi une fée serait-elle blonde, sinon parce qu'elle a été ici - en Europe du Nord - le plus souvent représentée par une jeune fille aux cheveux blonds et aux yeux clairs. La tradition peut, si elle refuse d'évoluer, induire l'erreur, pousser à exclure plutôt que d'essayer de comprendre. Pourtant c'est souvent cette même tradition qui au cours des siècles aura permis à une communauté de se forger force et identité.

    Est-il possible de résoudre ce paradoxe apparent ?

    Oui, la fée Pimprenelle peut être brune, même si son iconographie l'a faite blonde depuis très longtemps. Non, cela ne porte pas atteinte à notre identité d'européen occidental. Tout au contraire, cela lui élargit son champ de connaissance et de sensibilité.

    Si la tradition est vivante, elle se nourrira du monde qui l'entoure et assimilera, à sa manière, ce qu'elle pourra y prendre. A l'inverse, toute tradition refusant de vivre en osmose avec le monde qui l'entoure - sans y perdre son âme, bien sûr - tôt ou tard se retrouvera dans une impasse. Pour certains, la tradition bourgeoise n'est pas très loin de cet état de fait.

    Une fois encore, les enfants restent imperméables aux dictacts des valeurs que les adultes voudraient leur inculquer. Ils savent reconnaître ce qui leur plaît ou pas, c'est-à-dire les valeurs de demain.

    BIO-FILMO

    Yamina Benguigui

    Elle est réalisatrice de documentaires, productrice et écrivain.

    Inch'Allah dimanche , 2001 (1er long métrage de fiction)

    Le jardin parfumé , 2000

    La télévision, une compagne bruyante pour une solitude muette , 1999

    Mémoires d’immigrés - l’héritage maghrébin , 3 X 52 mn et 160 mn, 1997

    (7 d’or du meilleur documentaire, Golden Gate Award de San Francisco)

    La maison de Kate - un lieu d’espoir , 52 mn, 1995

    Femmes d’Islam , 3 X 52 mn, 1994